Minuit vingt

Il m’appelle à minuit vingt
Avec un selfie flou, mais un cocktail très très bien
Un sourire en coin, un verre à la main
“Viens, c’est vendredi !” — sauf qu’on est mardi matin
Je sais pas s’il boit trop ou juste tout le temps
Mais son foie, il est addict’ au rhum transparent
Moi j’éteins l’ordi, j’éteins la lumière
Pendant que lui rallume les lumières du quartier
[Refrain]
J’bosse, il trinque
Il vit sa vie en mode Cuba Libre
J’compte mes heures, il compte les bouteilles vides
Sa femme prépare un apéro digne d’un guide
Et moi j’bosse… pendant qu’il déguste
Barbecue à midi pile
Un mardi d’octobre, normal, fais encore chaud au Brésil
“Tu viens ou quoi ?” — j’suis en visio avec le taf
Mais chez lui, c’est Mojito, playlist et échappée d’raf’
Il m’envoie des messages comme une sirène
“Regarde ce ti-punch, c’est de la poésie pleine”
Et quand on se croise, c’est jamais au marché
Mais au bar du village, comme par hasard, calé
[Refrain]
J’bosse, il trinque
Il a toujours une excuse pour faire la fête
Moi j’remplis des tableaux et nettoie des fesses
Lui, il remplit des verres, des glaçons et des assiettes
Et moi j’bosse… pendant qu’il s’hydrate le week-end
La dernière fois, il m’a dit :
“C’est moi qui paye la dernière tournée, promis”
Mais j’sais plus combien de fois
Le bar a tourné, et moi le lendemain… je bossais !
[Dernier refrain – crescendo + fatigué drôle]
J’bosse, il trinque
Il a une vie d’apéro, moi une vie en slide
Il fait des grillades, moi des deadlines
Il brille au rosé, moi j’suis pâle à la cantine
Et j’bosse encore… pendant qu’il me redemande si j’viens ce soir