Elle a quitté le vert de l’Amazonie

Elle a quitté le vert de l’Amazonie
Les cris d’oiseaux, les pluies infinies
Professeure là-bas, respect, mission
Elle portait la craie comme une conviction
Mais l’amour et la vie lui ont dit : “viens”
Alors elle a dit oui, sans savoir combien
De saisons, de routes, de projets, d’espoirs
Elle a dit oui à la France, à chaque départ
[Refrain]
Et moi je la regarde, dans les bouchons du matin
Ses boucles d’Amour filent droit vers son chemin
De la casa à l’école, du bus à la crèche
Elle sème des sourires, même les journées bien fraîches
Elle n’a pas quitté son pays, elle l’a pris avec elle
Dans sa voix, dans sa peau, dans son cœur éternel
Et quand elle parle aux enfants, c’est la forêt qui chante
C’est l’Amazonie qui berce la Suisse vivante
Elle a tout repris, page blanche en poche
Des classes aux jardins d’enfants, sacrés mioches !
Elle apprend, elle travaille, avance sans bruit
Mais chaque pas qu’elle fait, c’est une pluie qui luit
Du lycée au foyer, du français balbussié
À la langue du cœur qu’on ne peut copier
Elle porte sa famille, ses rires, ses peines
Elle comprend sans parler, elle écoute sans chaînes
[Refrain]
Et moi je la regarde, dans les bouchons du matin
Ses boucles d’Amour filent droit vers son chemin
De la casa à l’école, du bus à la crèche
Elle sème des sourires, même les journées bien fraîches
Elle n’a pas quitté son pays, elle l’a gravé profond
Dans ses gestes, dans ses choix, dans les noms qu’elle prononce
Et quand elle console un enfant sans détour
C’est Macapá qui revient entre ses bras d’Amour
Elle est prof, assistante, lumière, mère, amie
Tout ce qu’elle devient dépasse ce qu’on dit
Elle est là, debout, même les jours fatigués
Toujours remplie de ce feu qu’elle sait donner
[Dernier]
Et moi je la regarde, dans le train du destin
Ses boucles d’Amazonie, sa tendresse sans fin
Elle n’a pas changé, elle a grandi
Et c’est le monde entier qu’elle a pris… dans sa vie